Chantal Epée: “Quand nous travaillons à la promotion et à la mise à disposition des ressources culturelles africaines et afro descendantes nous ne le faisons pas contre quelqu’un mais pour nous.”

Interview par Jean-Jacques Dikongué|Tribune2lartiste.com

“Je suis passionnée par l’Afrique et suis résolument panafricaine. Je pense que les solutions pour que l’Afrique avance vers davantage de liberté et d’indépendance ne seront pas exogènes”: Chantal Epée

Encore frais dans nos mémoires, retentissent les mots du président de la république française à Dakar. Discours prononcé dans un lieu doublement symbolique.  Symbolique parce que temple du savoir mais surtout portant le nom d’un des plus illustres contributeurs africains en matière de savoir. Suffisamment pas rentrée dans l’histoire ? La question ne se pose pas ou plus pour certains. Mais suffisamment de repères, de référents pour ne plus se sentir désarmé face à cette idéologie dont Nicolas Sarkozy se faisait l’écho en terre africaine et n’avoir plus à vivre avec ce complexe dévastateur qui habite encore un grand nombre ? C’est à cette question que la naissante association Afrodiaspor’arts tente d’apporter son humble contribution dans un contexte où la dominance d’un modèle unique relègue à l’ordre du détail, la richesse de la pluralité et de la différence. Si l’entreprise s’avère difficile, elle n’est pas impossible pour autant, bien au contraire. Elle est un challenge qui devrait interpeller chacun d’entre-nous ainsi le rappelait Frantz Fanon Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir. A la prise de connaissance des objectifs de l’association, il ne fait plus aucun doute sur le choix qu’ont fait les femmes et les hommes réunis sous le sceau de Afrodiaspor’Arts. Quel est le nôtre, est la question que semblent nous poser les objectifs de la naissante Afrodiaspor’Arts.

Aux questions que je lui ai posées, Chantal Epée, présidente de Afrodiaspor’Arts,  nous donne des éclairages sur les objectifs et nous présente cette association et avec son style, nous place face à nos responsabilités.

Laissons d’abord de côté votre nouvelle casquette de présidente de la toute nouvelle et prometteuse Afrodiaspor’Arts, comment vous présentez-vous à vos lecteurs et lectrices ?
D’emblée vous me cueillez avec une question difficile. Se définir soi-même est une gageure tant l’on est divers et complexe. Je suis née au Cameroun et y ai passé mes premières années. Ces années ont inscrit ce pays dans mes entrailles même si le temps me le reconstruit comme un mythe. Je vis depuis quelques décennies en France et y travaille. Je suis, pour emprunter une expression à Léonora Miano, un « être écrivant ». J’écris sans cesse, j’écris pour dire, pour partager, pour m’indigner, pour dire mon regard sur les choses et les événements qui se produisent autour de moi. J’écris aussi quelquefois pour me séparer.

Je suis passionnée par l’Afrique et suis résolument panafricaine. Je pense que les solutions pour que l’Afrique avance vers davantage de liberté et d’indépendance ne seront pas exogènes. Elles passeront par le fait de dépasser les frontières arbitraires tracées par l’histoire pour construire l’Afrique autrement, pour inventer des modèles de développement qui nous parlent et servent l’Afrique en premier et non des intérêts allogènes. Ces frontières doivent tomber dans nos têtes en premier pour accueillir l’autre, le « voisin », celui du pays d’à côté et qu’ensemble l’on se décide à construire cette Afrique là. Je vais m’arrêter là parce que c’est un sujet qui a tendance à me rendre très bavarde.

On connaît votre belle plume qui parfois est aussi incisive et ferme sur certains sujets ; de fait on a envie de vous poser la question que vous avez sûrement maintes fois entendue : A quand le livre, le roman de chevet ayant pour auteur Chantal Epée ?
Merci pour l’appréciation de ma plume que vous qualifiez aimablement de belle. Le regard que l’on porte sur son propre travail est toujours exigeant et la qualité de mes mots m’apparaît sans cesse en deçà de mes quêtes. Il faut croire que celui qui créé, dans quelque domaine que ce soit porte en lui un idéal inaccessible vers lequel il tend et qu’il espère approcher, qui par un mot, qui par une esquisse, qui par une note de musique.

Alors quand vous me demandez à quand le livre, j’entends le doute qui me suggère qu’il est possible que mon univers et la manière dont mes mots le disent ne séduisent pas un éditeur. Sempiternel doute lié à la création…

En attendant je travaille sur un roman que j’espère soumettre à éditeur à la fin de l’année au plus tard. Espérons ensemble que l’an prochain il y aura une matérialisation de mon travail sur quelques chevets de lit.

“Nous pensons en effet que le partage de ressources communes permet de façonner cet être ensemble qui manque encore aux enfants d’Afrique dispersés.”

Revenons donc à Afrodiaspor’Arts, l’association dont vous êtes la présidente. Si vous nous disséquiez ce nom pour en extraire le sens ?
Permettez que je ne dissèque pas Afrodiaspor’Arts. A-t-on idée de disséquer son bébé pour mieux le définir ? En voilà bien une suggestion d’homme ! (Rires !)

Plus sérieusement Afrodiaspor’Arts porte dans son nom l’Afrique, ses diasporas africaines et afro-descendantes (quelles que soient les raisons de l’expérience diasporique) et les Arts (et cultures). Notre vision et la mission que nous nous donnons est de promouvoir par tous les moyens à notre portée les arts et les cultures d’Afrique et de ses diasporas. Cela passe par la mise en place d’une plate-forme de ressources culturelles qui permettra une meilleure visibilité de la richesse de nos productions artistiques et culturelles. Nous espérons en outre être des passeurs de lien qui permettront aux artistes d’ascendance africaine par-delà les continents de se rencontrer et pourquoi pas de travailler ensemble.
Nous pensons en effet que le partage de ressources communes permet de façonner cet être ensemble qui manque encore aux enfants d’Afrique dispersés.

Afrodiaspor’Arts se donne pour mission de fournir des éléments (vous dites référents) aux enfants africains (je vais dire noirs) auxquels ils se reconnaissent. Ne se reconnaissent-ils pas comme tous les autres enfants du monde au travers des personnages, je cite au hasard : Victor Hugo, Ralph Lauren, Mozart etc… ? Pourtant on a l’impression que lorsqu’on les cite, même en Afrique, alors on fait partie du monde.
C’est en effet une chose qui nous tient à cœur à Afrodiaspor’Arts. Nous voulons mettre à la disposition de nos enfants et de nos jeunes les ressources artistiques et culturelles émanant d’Afrique et de ses diasporas. Ils sont « naturellement » nourris, pour ceux qui sont scolarisés ou qui ont un accès à la culture et aux arts, par des auteurs et au moyen de ressources culturelles telles que celles auxquelles vous faites allusion. Ils sont bien enracinés dans les programmes scolaires en France, aux Antilles, en Afrique notamment.  En revanche, du fait d’un manque de visibilité des ressources culturelles afro, ils sont privés de cette part là qui devrait participer de leur construction. Nous ne nous tenons pas contre Victor Hugo, Voltaire, Hegel, Mozart ou les autres. Nous nous tenons pour Aimé Cesaire, Edouard Glissant, Léonora Miano, Nathalie Etoke, Ben Okri, Richard Bona, Maya Angelou, Mario Canonge, John Coltrane,  et les autres. Nous voulons qu’en les regardant et en les écoutant ils se disent que pour eux aussi c’est possible. Nous voulons qu’en découvrant le travail que fait Amélie Essesse pour la préservation des sites architecturaux notamment en Afrique de l’Ouest ils réalisent que l’Afrique a sa pierre à apporter dans la construction du monde. Nous voulons qu’en écoutant Jacques Greg Belobo, un enfant à Marie-Galante ou à Penja se dise que son rêve de chant lyrique n’est pas inaccessible. Nous voulons que Cheik Anta Diop ne soit pas réservé à une élite mais que tous aient accès aux vérités qui libèrent de l’esclavage mental. Pourquoi le monde et nos enfants se construiraient-ils sous un paradigme unique. C’est le dialogue des paradigmes et leur interrogation qui fonde la richesse de nos êtres non ?

“Nous voulons que nos enfants aient aussi accès à eux, ainsi qu’à toutes les richesses produites par les artistes et auteurs aux racines africaines”

Nous voulons que nos enfants aient aussi accès à eux, ainsi qu’à toutes les richesses produites par les artistes et auteurs aux racines africaines. Nous nous battons pour qu’ils entendent ce que les afro-descendants ont à dire par leur art, par leur verbe, par leurs cultures. En leur ouvrant le monde artistico-culturel africain et afro-diasporiques, nous ne prétendons pas leur fermer le reste de la culture. Ce n’est pas notre dessein, ce serait absurde. En revanche nous pensons que pour voler plus haut, ils ont besoin de cette autre part qui ne leur est pas accessible et qui leur est pourtant si nécessaire pour se construire. Savez-vous que malgré la célébration de Césaire cette année dans l’hexagone, peu de moyens sont mis au service de la vulgarisation de sa pensée dans le pays qui l’a célébré ? Pourtant la pensée de cet homme est libératrice d’humanité pour qui l’écoute quel que soit son phénotype. Pourquoi n’aurions-nous pas envie que nos enfants soient confrontés à cette richesse ?

Nous pensons que pour se construire de manière équilibrée, nous avons tous besoin d’admirer des modèles et de nous projeter vers des cimes élevées avec confiance parce que ces derniers ont pu y arriver. Pour un enfant ses admirations primaires vont vers ses parents. Le fils admire le père qui est la figure qui lui parle de ce qu’il sera quand il sera grand. C’est ainsi qu’il s’envisage fort comme papa etc. Les autres adultes peuvent être visiblement plus forts il projette en celui qui lui ressemble les raisons de son admiration. Plus tard on le sait il se différenciera du père pour se construire et se nourrira de l’extérieur aussi pour forger son être. Un enfant africain ou afro-descendant peut s’enrichir sans problème des apports des auteurs, artistes et créateurs d’origine européenne. Cela participe de la culture universelle. Doit-t-on pour autant négliger la part qui lui viendrait de ceux à qui il s’identifierait aisément ?

“Quand nous travaillons à la promotion et à la mise à disposition des ressources culturelles africaines et afro descendantes nous ne le faisons pas contre quelqu’un mais pour nous.”

Ne craignez-vous pas l’accusation du communautarisme dans un monde que l’on dit aller vers une “certaine unicité” culturelle ?
Bien sûr que l’on peut craindre d’être accusé de communautarisme. Tout est question de regard et de lecture faite par ceux qui seraient portés à le dire. Le risque des dérives communautaire est partout, tout le temps et n’est pas réservé aux descendants d’Afrique. Faisons attention aux faux procès. Il est aisé de taxer de communautarisme ceux qui veulent travailler à valoriser leur patrimoine artistique et culturel en refusant qu’il demeure enclavé dans des ghettos et autres magmas commodes tels que la “world music”. Sortir les arts, les cultures, et les systèmes de pensée des zones d’enfermement symboliques ce n’est pas du communautarisme, c’est du bon sens et c’est salutaire pour l’être ensemble. Quand on avance pacifié dans ce que l’on est on accueille l’autre de manière sereine, sans ces craintes de se perdre qui crispent les rapports entre les hommes.

Quand nous travaillons à la promotion et à la mise à disposition des ressources culturelles africaines et afro descendantes nous ne le faisons pas contre quelqu’un mais pour nous. Il ne me viendrait pas à l’idée de qualifier de communautariste une association qui ferait la promotion des auteurs du siècle dit des lumières sous prétexte qu’aucune tête africaine, indienne, ou asiate trouve sa place parmi les auteurs en question.

Travailler à ouvrir le monde aux arts et cultures afro c’est ouvrir le monde. Proposer des référents africains à nos enfants n’est pas tuer les référents extra africains qu’ils avaient antérieurement. Découvrir les mots de Césaire, n’a pas gommé l’éblouissement littéraire qu’aura été pour moi la rencontre à vingt ans avec Kundera. La figure de Martin Luther King, de Nelson Mandela de Sankara, de Frantz Fanon ou de Steven Biko sont universelles. Elles ne sont pas des possessions africaines, pas plus que celle du Che n’est une chasse gardée Sud- Américaine.

La peur du soupçon de communautarisme devrait elle nous empêcher de dire à nos enfants que le verbe de Toni Morrison est exceptionnel et que l’esprit de James Baldwin est éblouissant ? Promouvoir les arts et les cultures n’est pas soustraire les enfants au monde et les enfermer dans quelque forteresse monochrome. C’est leur proposer, dans leur panel référentiel des femmes et des hommes qui par leur génie ou par leur engagement font ou ont fait avancer le monde.

Si l’unicité culturelle comme vous dites, tend à gommer les différences et les particularités entre les êtres et les peuples, alors nous allons vers un monde aseptisé et effrayant, et vers un monde normé par ceux qui l’ont construit selon un modèle dominant. Refuser cette domination injuste devrait être notre combat à tous par-delà les hasards phénotypiques.

Par ailleurs, l’action de notre association, en promouvant les produits culturels et artistiques des africains et des afro-descendants ouvre aussi ces derniers aux non africains, en leur permettant de rencontrer la part d’universel que portent les africains et les afro-descendants.

Il ne s’agit pas, bien évidemment, de se fermer aux autres, mais de s’ouvrir à cette part méconnue de notre patrimoine, de la laisser nous enrichir et enrichir nos paradigmes. Les chantres de l’unicité culturelle devraient accueillir tous les ruisseaux qui participent de la mosaïque universelle pour construire la dite e unicité si tant est qu’elle est possible. C’est la peur de l’expression spécifique de l’autre qui pousse à la ranger dans la case aisée du communautarisme. Si la définition du communautarisme est le repli sur soi et le rejet des autres alors nous ne fonctionnons pas dans cette optique. Nous ne nous replions pas sur nous, nous nous ouvrons à nous-mêmes pour pouvoir accueillir l’autre de manière sereine et pacifiée.

On perçoit dans votre démarche, un travail de construction, je dirai de reconstruction (pour ne pas dire de déconstruction et rester donc positif dans les termes) des paradigmes. Mais il se pourrait que l’un des obstacles, soit certains programmes scolaires en Afrique ou ailleurs qui n’intègrent pas votre approche. Comment contourner un tel obstacle de taille ?
Je dois avouer que je ne me suis pas posé la question de cette manière. Notre association n’a pas la prétention de proposer une panacée universelle qui viendrait comme tombant du ciel et changeant le monde comme au moyen d’une baguette magique. Nous ne prétendons pas nous substituer au système scolaire mais au contraire enrichir ses apports par d’autres regards, d’autres auteurs, d’autres visions du monde pour que les enfants aient de la matière pour se construire. Nous ne venons pas pour entrer en guerre contre le système scolaire mais pour proposer d’aller vers une réforme de la pensée et de la perception de soi par l’afro-descendant lui-même, et aussi celle de la perception de l’afro-descendant par ceux qui ne le sont pas, enrichis qu’ils seront d’une connaissance plus juste de ce qu’est l’Afrique et de la part qu’elle a dans l’universel.

“Ces enfants, nourris par des représentations qui les portaient à craindre, mépriser ou détester l’afro-descendant manifestaient une préférence nette pour la poupée blanche.”

Comment faire voir à celles et ceux qui ne comprennent pas une telle démarche, sa pertinence ? Pouvez-vous nous donner un exemple concret ?
La pertinence de notre démarche nous semble tellement évidente qu’elle fait corps avec nous. Il est vrai qu’elle nous habite depuis de nombreuses années et a fini par être une part de nous. Je ne sais pas si vous avez vu, entre autres supports sur You Tube une vidéo qui mettait des enfants afro américains en présence d’une poupée noire et d’une poupée blanche. Ces enfants, nourris par des représentations qui les portaient à craindre, mépriser ou détester l’afro-descendant manifestaient une préférence nette pour la poupée blanche. Leurs projections du beau, de l’acceptable allaient vers la poupée blanche, tandis que le laid, l’antipathique, le mauvais était attribué à la poupée noire. Imaginez les dégâts symboliques dans de jeunes esprits qui détestent et rejettent ce qu’ils sont sans avoir eu de la matière interroger leurs rejets. Cela suggère qu’il y a quelque chose dans leur construction qui a inscrit ce rejet de soi, du noir comme allant de soi, le noir étant de fait construit en eux comme une figure négative.  C’est un viol de la conscience, c’est une agression contre la construction de soi.  C’est à la fois douloureux et révoltant. En effet, comment voulez-vous que de tels enfants se construisent de manière sereine et apaisée ? 

La réponse des enfants au test précédemment mentionné suggère que les paradigmes structurels de leur monde, s’appuyant sur des figures mythiques ou héroïques ont inscrit le caucasien parmi les héros et l’afro américain parmi les anti-héros.

Ces enfants n’ont sûrement pas entendu parler de Raoul Georges Nicolo, inventeur guadeloupéen et Ingénieur au Commissariat à l’Énergie Atomique. L’on n’a probablement pas pensé à leur dire que le moteur à combustion a été inventé par Andrew J Beard en 1892. Il est manifeste que personne ne les aura informés du fait que le piano mécanique aura été inventé en 1912 par Joseph H Dickinson, un afro descendant comme eux.

Ces gamins ont dû être confrontés à des figures négatives et infériorisantes du noir au point de ne l’envisager que sous ce prisme-là. C’est tragique. « Emancipate ourselves from mental slavery. No one but ourselves can free our minds » disait Bob Marley. En offrant des référents africains et afro-descendants à nos enfants et nos jeunes, nous participons à rompre des cycles sans fin d’infériorisation latente ou manifeste.

Rompre ce cycle peut passer tout simplement par le fait de mettre à la portée des enfants des bandes dessinées écrites pas des auteurs africains, antillais, afro-américains avec des héros afrodescendants. Cela leur offrira des figures héroïques qui leur ressemblent. Il existe une pléthore de livres pour enfants avec des personnages positifs afro-descendants et nous voulons les faire connaître pour donner la possibilité aux parents de les mettre à la portée des enfants.

Qu’est-ce qui fait la différence entre Afrodiaspor’arts et les autres associations avec les mêmes objectifs par exemple ? Quelle est la valeur ajoutée qu’apporte Afrodiaspor’arts ?
C’est une question à laquelle il est difficile de répondre. Nous ne nous comparons pas aux autres, nous venons en plus des autres travailler dans le vaste chantier de la promotion des arts et des cultures afro et aussi sur le terrain de l’accès au patrimoine culturel et artistique africain et afro diasporique par nos enfants dans le but de leur ouvrir le monde.  Nous sommes d’avis que plus nous serons nombreux à nous mobiliser pour faire de ce domaine un champ de bataille essentiel, plus les esprits seront libérés des préjugés. Les noirs sortiront des préjugés infériorisants en allant à la rencontre de leur histoire et en découvrant les apports des africains et afro-descendants aux arts et cultures. Les non africains et non afrodescendants s’enrichiront aussi de la découverte de ces richesses et cela devrait participer à changer ke regard sur des populations symboliquement dévaluées. Notre valeur ajoutée tient probablement au fait que nous voulons promouvoir les arts et cultures afro-diasporiques et apporter ces derniers aux populations africaines et afro-diasporiques. Nous avons conscience que l’un et l’autre sont liés et qu’ils gagneraient à se rencontrer.

Comment se structure l’association et comment va-t-elle fonctionner ? Auriez-vous des ateliers de travail avec les enfants ?
Afrodiaspor’Arts est une association loi 1901 qui fonctionne en respectant le cadre légal. Elle est constituée d’un bureau qui est l’organe de décision et de direction de l’association. Le bureau a opté pour l’organisation de notre association en départements distincts pour faciliter les dimensions opérationnelles de notre travail. Nous avons 16 départements à Afrodiaspor’Arts. Chaque département a à sa tête un responsable qui est un véritable directeur de son département. Il reçoit du bureau un cahier de charges et avec son équipe a pour mission de mener à bien la mission qui est confiée. Il pilote son département, fait des propositions au bureau et lui rend des comptes. C’est lui qui a en charge les ressources humaines de son département. Il faut noter que nous travaillons tous de manière bénévole.

L’association fonctionne avec des réunions régulières du bureau pour définir les lignes directrices et veiller à ce que la vision ne s’émousse pas.
Le bureau réunit régulièrement les responsables de département pour que chacun demeure conscient que nous travaillons en équipe et qu’il ait conscience du travail de l’autre. Bien entendu l’association tiendra assemblée générale ordinaire et extraordinaire selon la loi en vigueur en France.

Nous avons en effet des ateliers avec des enfants. Quand nous soutenons un artiste comme ce fut le cas de Christiane Obono Ebondje, artiste plasticienne qui a présenté son magnifique travail début juillet au Cameroun, la contrepartie que nous lui demandons c’est de donner de son temps en atelier à des enfants pour les ouvrir à son art. Dans son cas elle a tenu un atelier de dessin qui a enthousiasmé les enfants après avoir visité avec eux l’exposition. Nous avons des parrains qui se sont engagés à tenir atelier de dessin, master-class de musique, ateliers d’écriture etc. Et cela de manière bénévole, le but étant d’ouvrir gratuitement le monde des arts et de la culture aux populations.

Quelles sont les conditions d’adhésion à l’association ?
Il faut noter que notre but n’est pas le nombre pour le nombre. Nous nous attachons à la qualité de nos membres et à leur adhésion à la vision qui nous anime. Notre but est en effet de recruter des membres qui se mettront au travail pour servir la dite vision. . C’est dans cette optique que nous recrutons tous les sur CV et lettre de motivation. Celui qui adhère à Afrodiaspor’Arts nous rejoint pour travailler à et servir une cause plus grande que nous. Le recrutement sur CV, lettre de motivation et entretien permet de diriger les adhérents recrutés vers le département dans lequel ses ressources intellectuelles et autres seront utilisées de manière optimale. Bien entendu les membres s’acquittent d’une cotisation annuelle. Pour adhérer à l’association il faut faire acte de candidature à l’adresse suivante afrodiasporarts@afrodiasporarts.com

Comment et qui contacter pour avoir plus d’informations sur Afrodiaspor’Arts ?

Vous pouvez me contacter à chantal.epee@afrodiasporarts.com ou envoyer un mail à afrodiasporarts@afrodiasporarts.com il sera dirigé vers la personne pertinente.

Vous pouvez aussi contacter Monsieur Guy-Thomas EPEE responsable du département Communication, Marketing et Evénementiel : guy-thomas.epee@afrodiasporarts.com Il est par ailleurs responsable de l’antenne Afrique Centrale. Nous sommes les deux seules personnes habilitées à s’exprimer publiquement et dans les médias au sujet de l’association.

Vous avez le dernier mot et en vous souhaitant beaucoup de succès dans une aventure qui s’avère exaltante, certes difficile, mais nécessaire.
La vision qui nous a mis en mouvement est plus grande que nous, que nos egos et autres ambitions. Nous voulons en la servant servir l’Afrique, les diasporas africaines, et plus largement le monde et les rapports entre les peuples. Si nous nous levons c’est parce que nous voulons participer à ce que l’Afrique et ses diasporas relèvent la tête. Nous sommes une goutte d’eau dans la mer des actions en faveur de cette cause, mais nous sommes résolus à ce que rien ne manque à la goutte d’eau que nous sommes comme elle viendra enrichir la mer des constructions de l’Afrique et de ses diasporas. C’est cela notre panafricanisme, relier les diasporas africaines entre elles et avec l’Afrique en forgeant un être ensemble au travers du partage et d’échanges autour de ressources communes. Il est là notre rêve, celui de voir les barrières de la méconnaissance tomber entre les peuples issus d’Afrique et de voir se construire, dans le respect de la spécificité de l’autre un être ensemble qui nous manque.

Merci à vous Tribune de l’Artiste qui me permettez de m’exprimer au nom d’Afrodiaspor’Arts et apporter des éclairages sur qui nous sommes et ce que nous faisons. Merci par ailleurs pour vos vœux de succès.

http://www.tribune2lartiste.com/2011/07/5530/

Publicités
Cet article, publié dans Interview, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

5 commentaires pour Chantal Epée: “Quand nous travaillons à la promotion et à la mise à disposition des ressources culturelles africaines et afro descendantes nous ne le faisons pas contre quelqu’un mais pour nous.”

  1. Amélie dit :

    Chère Chantal,

    Je découvre le site internet Afridiaspor’Arts. Je te remercie pour ton message d’encouragement et ce beau continent qu’est l’Afrique rempli de merveilles que tout un chacun devrait découvrir.

    Bien à toi et à toute l’équipe.
    Amélie ESSESSE

    • Chère Amélie,
      Merci à toi pour le travail que tu fais depuis des années et qui est un modèle et une source d’inspiration. Il est tant de voies à explorer que l’on ne connaît pas… Merci d’être de ceux qui frayent le chemin, d’être de ces bâtisseuses d’Afrique.
      Amitiés
      Chantal

  2. Gouabe CArole dit :

    Merci à vous, qui donnez une chance ànous, jeunes, d’avoir des modèles qui nous ressemblent, et qui nous donnent envie d’exceller! merci d’être des modèles pour nous!

  3. Emmanuel ELLE NTONGA dit :

    Il se dégage de cet entretien une respiration qui pourrait faire croire que le pari est gagné. Il y a un travail de fond à accomplir. Le bénévolat, voilà le modèle de l’avenir. Mais il est tellement que fragile je propose des compensations pour le travail accompli. Cela pourrait empêcher le découragement pour ceux qui donnent encore et encore. C’est pourquoi la recherche des financements pour les projets validés me parait nécessaire. La frontière avec le travail rémunéré est mince. On appelle cela « l’équilibre des comptes », « l’arithmétique à somme nulle ». Bon courage!!
    Emmanuel ELLE NTONGA.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s