Les yeux, la voix par Edouard Glissant

Les flambeaux s’accusaient de la couleur noir étang de la nuit.
Nos mains solubles nos airs de rapine boiseuse la paille flambée de nos yeux !
Mers, mon silence à travers vous patiemment renaît
À travers vous orées à travers vous la boue
Et la conjonction du gel et du dégel.

Autrefois autrefois
Ah ! mémoire rocailleuse insurge-toi en taillis.
Chaque buisson de mémoire cache un tireur.

Sur nos têtes le battement du moulin
Dans nos nuits toussent les toucans
L’homme a beau faire le cri prend racines.

(Édouard Glissant, Le sang rivé, 1961)

Publicités
Cet article, publié dans Caraïbes, Littératures, Poésie, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s