OSENDE AFANA, BRILLANT ÉCONOMISTE, MARTYR DU COMBAT POUR LA LIBERATION NATIONALE AU CAMEROUN

La danse des sept voiles fait partie des légendes connues que l’on se transmet y investissant ses mondes imaginaires. Derrière cette danse sensuelle amenée à infléchir la volonté des rois, se cache la soif de domination et de pérennisation d’un pouvoir que l’on sait inique et que l’on veut à tout prix maintenir.

Il se raconte en effet dans la bible une histoire selon laquelle la compagne de Hérode, un homme important, courroucée de ne pas recevoir la dévotion de la part d’un prophète usa de ruse pour réclamer la tête de celui qui refusait de plier devant un pouvoir dit inique. La jeune fille, messagère de mort s’appelait Salomé et le prophète rebelle Jean le Baptiste. Sa tête fût livrée comme un trophée à celle qui ne supportait plus l’idée qu’il vive et distille des mots condamnant et sapant les fondations d’un pouvoir contestable.

Selon la légende, comme faisant un écho à cette histoire, en 1966, un combattant, un résistant, Osende AFANA sera assassiné à Ndélé du côté du Congo et il sera décapité. Sa tête sera remise en trophée à celui qui le voulait mort ou vif. Les exécutants, comme des « salomé » des temps modernes,  auraient jugé bon de prouver l’accomplissement de leur mission en offrant la tête au tyran.  Les pouvoirs indignes n’inventent rien, ils sont assoiffés de sang, ils décapitent croyant faire taire la voix de la liberté. Répétition de violences de ces pouvoirs qui se savnt illégitimes et qui ne peuvent se maintenir que par la violence, l’intimidation, et la terreur. Osene Afanda avait 36 ans, c’était l’un des économistes les plus brillants de sin temps, le premier subsaharien à  être titulaire d’un d’doctorat en économie. C’était un homme qui déjà dénonçait l’asservissement des pays africains pats l’usage d’une monnaie sur laquelle ils n’avaient pas de prise. Il voulait que l’Afrique créé sa propre monnaie « Afrik », il voulait son pays libre. il rêvait de débarrasser son pays  et l’Afrique du colonialisme. Il ne pouvait vivre. Fort heureusement l’aspiration à la liberté survit aux tyrans. Fort heureusement la vie des martyrs est une semence pour les générations d’après, une étincelle pouvant réveiller les consciences et amener à des combats ultérieurs pour la liberté, voire à de salutaires révolutions.

Baptisé Castor OSENDE AFANA à sa naissance,  l’homme a vu le jour dans la petite localité Nkogksaa, département de la Lékié en 1930. Très tôt, il rejoint la capitale Yaoundé. Très tôt ses idées apparaissent subversives et son regard sur le monde embarrassent. Dans un environnement portée à la préservation d’un monde immuable, le jeune homme, comme il est élève au Lycée Leclerc à Yaoundé au Cameroun est séduit par des idées progressistes et de résistance.  Les prises de conscience du combattant en gestation le poussent à refuser désormais que l’on le nomme par le prénom Castor porteur pour lui d’une double négation et d’une infamie. Il veut être appelé par un patronyme qui le situe dans son africanité, dans sa camerounité, il ne veut pas d’un nom allogène d’autant plus infamant qu’il est un nom de rongeur !

Militant dans l’âme, en quête de meilleures conditions de vie, il est en 1952, l’un des meneurs de la grève des élèves noirs du lycée qui revendiquent une amélioration de leurs conditions de vie à l’internat. Déjà proche des idées de l’UPC -Union des Populations du Cameroun, principal parti revendiquant l’indépendance- il donnera sa véritable dimension et son leadership en France où il poursuit ses études à Toulouse, puis à Paris.
A Toulouse, il se retrouve dans le même comité de base de l’UPC que Paul Tessa, Augustin Frédérik Kodock, Jacques Roger Booh Booh etc. Il adhère à l’UNEK (Union Nationale des Etudiants Kamerunais) section de la FEANF (Fédération des Etudiants d’Afrique noire de France) ; dans cette structure, il fait la connaissance d’autres étudiants alors progressistes, notamment le guinéen Alpha Condé, le congolais Pascal Lissouba, l’ivoirien Henri Konan Bédié et bien d’autres.

Il anime le journal de la FEANF et fait partie du Comité d’accueil qui gère les publications de l’UPC en France, notamment « la voix du Kamerun », et surtout l’organisation des voyages de tous les cadres politiques du mouvement de l’UPC de passage en Europe en général.

C’est ainsi qu’il se fait remarquer par le président Félix Roland Moumié, qui en fait un de ses proches collaborateurs. Il sera très écouté du Président de l’UPC.  A ce titre, il est régulièrement reçu par des chefs d’Etat progressistes africains.

Parallèlement à son action militante, il mène de brillantes études qui aboutissent à l’obtention d’un doctorat d’Etat en économie. Il est le premier docteur en économie d’Afrique noire.

Sa thèse de doctorat sera publiée aux Editions Maspero sous le tire « l’Economie Ouest africaine, perspectives et développement». Il y affirme qu’il n’y a pas de véritable indépendance sans indépendance monétaire. Il milite ainsi pour une monnaie africaine qu’il baptise Afrik. Son livre a été traduit en plusieurs langues et souvent cité en référence dans les hautes sphères de l’économie mondiale.

Très grand admirateur de Che Guevara, au cours d’une réunion à Paris, il déclare que la théorie ne vaut rien sans la pratique. C’est à cette occasion qu’il informe ses camarades qu’il est sur le point de rejoindre son pays le Cameroun, pour apporter sa contribution à la lutte de libération aux côté d’Ernest Ouandié alors Vice président de l’UPC.

Aux côtés d’Ernest Ouandie, il crée le Comité révolutionnaire, dont Ernest Ouandié est président ; comme autres membres quelques jeunes cadres nouvellement sortis d’universités occidentales, parmi lesquels Woungly Massaga –Docteur en mathématiques-, Docteur Ndongo Diyè –médecin-, Maître Michel Ndoh –avocat- Njawé Nicanor, Tchaptchet et le Vice président Abel Kingué ; il choisit la lutte armée dans le maquis camerounais où il était chargé du Deuxième front à l’est du pays, pendant que Woungly Massaga dirigeait le Premier front à Djoum au sud du Cameroun.

Le Congo est sa base arrière. Son maquis est repéré au mois de février 1966 ; le Président Ahmadou Ahidjo exige formellement qu’Ossendé Afana lui soit ramené à Yaoundé vivant ou mort, sachant que la seule indication précise sur sa description est qu’il porte des lunettes et qu’en grand admirateur de Um Nyobè, il mettait les mêmes patogas pour parcourir la forêt.

Les conditions de son assassinat le 15 mars 1966 à l’âge de 36 ans, pas loin de la frontière congolaise restent troubles, mais les témoignages s’accordent à reconnaître une impréparation possible du front et des trahisons certaines.

Le 15 Mars 1966, dans le maquis de la Boumba Ngoko au Sud Est du Cameroun, Osendé Afana, l`un des plus brillants intellectuels militants anti-colonialistes de l`Afrique du 20è siècle, à la tête d`un détachement de partisans, membres de l`Union des Populations du Cameroun (UPC)
engagés dans la lutte armée contre le néo-colonialisme, fut assassiné et décapité par les forces armées néocoloniales du Gouvernement camerounais. Plus de quarante ans après, les autorités camerounaises classent toujours comme « secret -défense » les informations sur les circonstances de cet assassinat.

Cet homme est une figure méconnue des combats de l’Afrique en général et du Cameroun en particulier pour l’indépendance. Il mérite que l’on explore son histoire.

Quelques liens :

http://www.peuplesawa.com/fr/bnlogik.php?bnid=596&bnk=&bnrub=&vip=528

http://afrohistorama.over-blog.com/article-l-histoire-de-la-guerre-d-independance-du-cameroun-osende-afana-par-henri-hogbe-nlend-72251154.html

http://www.lanouvelleexpression.info/regard/2586-45-ans-apres-osende-afana-nous-parle-.html

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